Je voudrais faire du théâtre parce que je voudrais être plus à l’aise dans la prise de la parole
Alors suivez plutôt le cours de Prise de la Parole.
Je préfère avoir les élèves au téléphone avant leur inscription afin d’être sûre qu’ils s’inscrivent au cours le plus adapté à leur besoin.
En effet, si la personne souhaite être plus à l’aise dans la prise de la parole, il vaut mieux débuter par le cours de prise de la parole et de suivre le cours de théâtre ensuite.
Une personne vraiment timide pourrait se sentir vraiment mal à l’aise ou bloquée au cours de théâtre, même si on ne fait aucun exercice vraiment compliqué. Même si les exercices au cours de théâtre sont progressifs, ils demandent un peu plus d’aisance, plus de créativité qu’au cours de prise de la parole où l’on va travailler de façon plus basique au début : le regard, être devant le public,…
Je dirais que le théâtre c’est un pas plus loin que la prise de la parole, c’est :
- utiliser les bases qu’on a apprises en prise de la parole
- développer sa créativité, son aisance dans l’espace
- se libérer du regard des autres et surtout du sien
- oser jouer
- lâcher prise, ne pas tout contrôler
- accepter l’imprévu, être disponible pour l’improvisation
J’aime en discuter avec l’élève qui hésite avant de s’inscrire parce que si on se trompe l’élève se découragera dès le début des cours et risque de se refermer plus dans sa timidité, en se dévalorisant plus. Ce qui n’est pas le but.
Par contre si un élève me dit je suis timide mais je suis attiré par le théâtre et que je sens son envie de jouer, c’est clair que je le laisserai s’inscrire au cours de théâtre parce que ça lui correspondra plus.
Comment vaincre la peur du jugement en prise de parole ?
La peur du jugement est l’un des principaux freins à une prise de parole fluide et confiante. Que ce soit en public, en réunion ou même lors d’une simple conversation, beaucoup de personnes ressentent une angoisse paralysante à l’idée d’être observées, évaluées ou critiquées. Cette peur peut entraîner des blocages, des hésitations, voire un évitement total de situations où il faudrait s’exprimer. Pourtant, il est possible de la surmonter en adoptant des stratégies adaptées et en travaillant progressivement sur sa confiance en soi. Découvrons ensemble comment dépasser cette peur et parler avec assurance.
1. Comprendre l’origine de la peur du jugement
Avant de chercher à vaincre cette peur, il est important de comprendre d’où elle vient. La crainte du regard des autres est profondément ancrée en nous. Elle peut être liée à plusieurs facteurs :
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L’éducation et le conditionnement social : Dès l’enfance, nous sommes souvent évalués, notés et comparés aux autres. Cela peut générer une peur de ne pas être à la hauteur.
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Des expériences passées négatives : Un échec, une moquerie ou une critique mal vécue peuvent laisser une empreinte durable et rendre difficile toute prise de parole future.
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Le perfectionnisme : Vouloir être parfait et ne faire aucune erreur est une source de stress énorme. Or, personne n’est parfait et les imperfections rendent une communication plus authentique.
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Le biais de surestimation : Nous avons tendance à surestimer l’attention que les autres portent à nos erreurs. En réalité, la plupart des gens sont bienveillants et concentrés sur euxmêmes.
2. Reprogrammer son état d’esprit
Pour vaincre la peur du jugement, il faut modifier sa perception des interactions sociales et apprendre à relativiser.
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Accepter l’imperfection : Personne n’attend un discours parfait. Accepter que l’on puisse bafouiller, chercher ses mots ou faire une pause rend l’exercice plus naturel.
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Changer de focus : Plutôt que de se focaliser sur soi et sur ce que les autres pensent, il est plus efficace de se concentrer sur son message et sur l’intérêt qu’il apporte aux auditeurs.
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Modifier son dialogue intérieur : Remplacez les pensées négatives du type "Je vais être ridicule" par des affirmations positives comme "J’ai quelque chose d’utile à partager".
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Se mettre à la place du public : Lorsque nous écoutons quelqu’un parler, nous ne cherchons pas à le critiquer, mais à comprendre son message. Gardez à l’esprit que votre public est généralement bienveillant.
3. S’exercer dans un cadre bienveillant
La confiance en soi se développe avec l’entraînement. Plus on s’expose progressivement à la prise de parole, plus on gagne en assurance.
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Pratiquer devant un miroir : Observer ses expressions et sa posture aide à prendre conscience de son image et à mieux la maîtriser.
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S’entraîner en petit comité : Parler devant un cercle restreint et bienveillant (amis, famille) est une étape intermédiaire avant un plus grand public.
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S’enregistrer et s’écouter : Cela permet de prendre du recul sur sa voix et son débit, et de progresser en ajustant certains aspects de son discours.
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Participer à des ateliers de prise de parole : Intégrer un groupe de théâtre ou d’improvisation peut être un excellent moyen de dépasser ses peurs dans un cadre ludique.
4. L’importance du langage corporel
Le non-verbal joue un rôle clé dans la perception que les autres ont de nous, mais aussi dans notre propre ressenti.
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Adopter une posture ouverte : Se tenir droit, les épaules détendues et les pieds bien ancrés au sol donne immédiatement une impression d’assurance.
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Gérer son regard : Regarder son auditoire et établir un contact visuel renforce la connexion avec le public et évite de se replier sur soimême.
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Utiliser des gestes naturels : Des gestes fluides et alignés avec le discours appuient les propos et aident à évacuer le stress.
5. L’intérêt d’un accompagnement personnalisé
Bien que certaines personnes parviennent à surmonter leur peur du jugement seules, un accompagnement adapté peut accélérer considérablement la progression.
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Un coach en prise de parole : Il aide à identifier les blocages spécifiques, à travailler sur la posture, la voix et la gestion du stress. Un bon coach crée un espace sécurisant et bienveillant, permettant au participant de s’exprimer librement sans crainte du jugement. Cette confiance mutuelle est essentielle pour que la personne ose se confronter à ses peurs et explore de nouvelles façons de s’exprimer.
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Un suivi en groupe : Travailler avec d’autres personnes qui partagent les mêmes appréhensions permet de relativiser sa propre peur et d’apprendre en observant les autres.
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Une approche thérapeutique : Si la peur est très ancrée, un travail avec un thérapeute peut aider à déconstruire les croyances limitantes.
6. Oser se lancer et persévérer
Il n’existe pas de remède miracle pour éliminer instantanément la peur du jugement. La clé réside dans la répétition et la mise en action progressive.
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Multiplier les occasions de parler : S’exprimer régulièrement, même sur de petites interventions, aide à prendre confiance.
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Accepter les inconforts : Au début, le trac sera toujours présent, mais il diminuera avec le temps.
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Célébrer ses progrès : Chaque petite victoire (oser poser une question en réunion, parler à un inconnu) mérite d’être reconnue.
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Se rappeler que l’erreur est normale : Un bafouillage ou un moment d’hésitation ne définissent pas la valeur d’une prise de parole.
Conclusion
Vaincre la peur du jugement en prise de parole demande du temps et de la pratique, mais c’est un défi accessible à tous. En changeant son état d’esprit, en s’entraînant progressivement et en s’appuyant sur des techniques adaptées, chacun peut apprendre à s’exprimer avec plus d’aisance et de confiance.
S’autoriser à être imparfait, s’exercer dans un cadre bienveillant et, si besoin, se faire accompagner sont des clés précieuses pour transformer la peur du regard des autres en une opportunité d’évolution personnelle.